Les rétentions de souffles sont appelées Kumbhaka . Elles s ‘effectuent comme les stades précédents avec l’installation du jalandhara bandha (dessin ci-dessous) et selon la capacité de chacun , d ‘une durée plus ou moins longue, elles opèrent sur l’organisme de nombreux effets bénéfiques. En effet la pratique de la respiration, avec rétention du souffle, permet d ’emmagasiner de grandes quantités d’oxygène et de Prâna (énergie vitale possédée par tous les êtres vivants). Il existe des rétentions de souffle à poumons pleins (Antar Kumbhaka) et des rétentions de souffle à poumons vides (Bahya Kumbhaka)

Le stade IX de la respiration Ujjayi est une rétention interne délibérée poumons pleins (sahita antara kumbhaka) en jalandhara bandha.

Installez vous confortablement dans la position assise de swastikasana comme étudié dans les posts précédents.

  1. Mains sur les genoux, observez la respiration spontanée à la racine du nombril.
  2. Inspirez normalement en plaçant le bout des doigts sur les cales.
  3. Expirez normalement en déployant le jalandhara bandha.
  4. Commencer maintenant le cycle de ujjayi 9. Prenez une inspiration longue, lente, large profonde et contrôlée, qui s’étire du pelvis jusqu’aux clavicules, en ressentant le sens de direction du diaphragme qui descend et s’étale vers les organes abdominaux pour laisser l’espace aux poumons de se déployer.  L’inspire entre comme une vague ascendante lente et large qui inonde les 5 cavités de l’ujjayai (le bas ventre, le nombril et le bas du dos, les cotes frontales et postérieures, la poitrine et la zone dorsale, les clavicules aisselles et omoplates. Concentrer vous à la fois sur le toucher frais de l’air contre les narines aux portes du nez, et à la fois sur la sensation ascendante qui prends sa source dans le mula adhara pour se terminer au sommet du crâne bramanandha adhara.
  5. Lorsque les poumons sont pleins, ne les vider pas tout de suite, maintenez les gonflés et laisser se poursuivre le mouvement d’expansion dans la cage thoracique comme si elle était élastique à l’infini. Maintenez la rétention pour quelques secondes selon votre capacité de 3 à 20 secondes cela doit rester confortable, tout en conservant le diaphragme loin des poumons.
  6. Puis expirez lentement, profondément, en conservant la poitrine haute, accompagnez en douceur le retour du diaphragme vers les poumons, en maintenant la vigilance sur le mouvement de l’abdomen et le bas ventre qui se retire vers l’arrière et vers le haut
  7. Puis inspirez normalement, relevez votre tête.
  8. Expirez normalement ramener vos mains sur vos genoux.
  9. Revenez au stade 1 pour quelques cycles de respiration spontanée, puis recommencez 10 à 15 cycles.

Les bénéfices thérapeutiques de ces rétentions

Elles opèrent sur l’organisme des effets bénéfiques assez surprenants. L’accumulation de Prâna, agit efficacement sur les organes de la respiration, de la digestion, de la circulation et sur le système nerveux. La maîtrise de la respiration permet ,outre la possibilité d’absorber davantage de Prana et d ‘oxygène  permet également de rétablir l’équilibre entre les énergies positives et négatives ,puis d’harmoniser en ce sens parfaitement notre état  physique et mental.

Ainsi ,grâce à une pratique régulière de la respiration yoguique complète avec rétentions de souffle, non seulement on prévient les troubles des poumons, du foie, de la vésicule biliaire, de l’estomac et ducœur,  mais on préserve aussi sa santé et sa force vitale, et de ce fait on développe dans le même temps sa force de volonté.

 Les précautions à prendre

Toute rétention à poumons pleins notamment devra être pratiquée avec Jalandhara Bandha (le menton appuyé dans le creux du sternum) ceci afin de protéger les carotides, d’éviter vertiges et pression dans le cœur notamment. Pour les personnes sujettent à de l’hyper ou l’hypotension s ‘abstenir de pratiquer les rétentions tout bonnement sans enseignant, ou avec la plus grande des précautions. Il s’agira dans tous les cas de les modérer sans accompagnement de l’enseignant dans un premier temps lorsqu’on débute, qu’elles soient à poumons vides ou bien à poumons pleins.

Le Prânâyâma a un sens plus profond qui va au-delà d’un simple mouvement respiratoire. Prâna est un terme que les textes de l’Inde, utilisent pour désigner le Créateur. le Créateur utilise une “force” pour créer l’univers et pour donner la “vie” à chaque être créee. Cette force est appelée Prâna. le moyen pour s’unir au Créateur est le Prânâyâma.

T.K.SRIBHASHYAM

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